Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent avertit qu’une nouvelle chute désordonnée du yen pourrait provoquer des débouclages forcés de positions financières et déstabiliser les marchés mondiaux. Son avertissement intervient alors que le Japon vient de publier le montant record consacré au soutien de sa monnaie.
Un record de 15,4 billions de yens engagés en un mois
Le ministère japonais des Finances a indiqué le 28 août que les autorités avaient dépensé 15,4 billions de yens, soit environ 96,5 milliards de dollars, entre le 30 juillet et le 26 août pour soutenir le yen. Il s’agit du montant mensuel le plus élevé jamais consacré par Tokyo à des interventions de change.

Le yen avait touché fin juillet un plus bas proche de 164 pour un dollar, un niveau inédit depuis environ quarante ans. Une intervention coordonnée entre le Japon et les États-Unis le 31 juillet avait ensuite provoqué un rebond, mais la devise japonaise s’est de nouveau rapprochée du seuil de 160 pour un dollar.
Bessent défend l’intervention américaine
Dans une lettre datée du 27 août et rendue publique ensuite, Scott Bessent affirme qu’un marché du yen désordonné pourrait provoquer des ventes forcées d’actifs, avec un risque de contagion aux marchés mondiaux et, selon lui, une hausse possible des coûts d’emprunt pour les ménages et les entreprises américaines.

Le secrétaire au Trésor précise que l’opération américaine n’était pas un prêt au Japon : le Trésor a échangé des actifs en devises déjà détenus dans son Exchange Stabilization Fund contre des yens. Le montant exact engagé par Washington n’a pas été rendu public.
Le Japon reste sous pression
La faiblesse du yen renchérit les importations japonaises, notamment l’énergie, tandis que l’écart de taux d’intérêt entre le Japon et les États-Unis continue d’encourager certaines stratégies financières financées en yen. Les marchés surveillent désormais la Banque du Japon et la possibilité de nouvelles mesures si la devise repart à la baisse.




