Les soutiens militaires étrangers, les réseaux logistiques et l’utilisation croissante de drones prolongent la guerre au Soudan et augmentent la capacité des deux camps à frapper des zones civiles éloignées du front, conclut une nouvelle mission d’enquête des Nations unies publiée jeudi 3 septembre.
Plus de 1 000 morts dans des frappes de drones
Selon la mission internationale indépendante d’établissement des faits sur le Soudan, plus de 1 000 personnes ont été tuées dans des attaques de drones au cours des cinq premiers mois de 2026. Les enquêteurs estiment que certaines opérations menées par les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide peuvent constituer des crimes de guerre.
Le rapport décrit des frappes ayant touché des civils et des infrastructures essentielles, ainsi qu’une forte progression de la portée et de la sophistication des drones employés par les deux camps.
Des réseaux transnationaux au cœur du conflit
La mission affirme disposer de motifs raisonnables de croire que des entreprises, intermédiaires et recruteurs établis dans plusieurs pays ont fourni aux Forces de soutien rapide des armes, de la logistique, de la formation et du personnel étranger. Des contractants colombiens auraient notamment participé à l’utilisation de drones et d’armes avancées. Les enquêteurs continuent parallèlement d’examiner les sources étrangères de capacités de drones utilisées par l’armée soudanaise.
Une crise humanitaire parmi les plus graves au monde
La guerre déclenchée en avril 2023 a déplacé plus de 13 millions de personnes selon les estimations reprises par l’Associated Press, tandis que des régions du pays sont confrontées à la famine. La mission de l’ONU demande aux États de démanteler les réseaux d’approvisionnement illicites et de renforcer l’application de l’embargo sur les armes.




