Le bras de fer commercial entre les États-Unis et le Canada vient de franchir un nouveau cap. Après plusieurs jours de négociations intensives et un report de dernière minute, les droits de douane américains de 50 % sur une partie des importations canadiennes sont entrés en vigueur samedi 22 août.
Environ 20 milliards de dollars de produits concernés
Selon Associated Press, les nouvelles taxes concernent environ 20 milliards de dollars de produits canadiens, soit près de 5 % des exportations du Canada vers les États-Unis. La mesure vise notamment des catégories de biens liées aux différends commerciaux sur l’alcool, les produits laitiers et d’autres marchandises couvertes par les proclamations américaines fondées sur la section 338 du Tariff Act de 1930.

La Maison-Blanche avait annoncé en juillet plusieurs droits additionnels de 50 % en affirmant vouloir répondre à ce qu’elle considère comme des pratiques commerciales discriminatoires du Canada. Ces mesures devaient initialement entrer en vigueur plus tôt en août avant d’être repoussées jusqu’à la fin du 21 août afin de laisser une dernière chance aux négociations.
Ottawa promet une réponse « dollar pour dollar »
Le Premier ministre canadien Mark Carney avait indiqué le 18 août que des progrès substantiels avaient été réalisés, tout en prévenant qu’un travail important restait à accomplir. Les discussions ont finalement échoué et, selon Associated Press, Ottawa a annoncé des mesures de rétorsion équivalentes ainsi que la suspension des négociations en cours.
La rupture intervient dans un contexte déjà tendu pour les chaînes d’approvisionnement nord-américaines, notamment dans l’automobile, l’acier, l’aluminium, le bois et l’agroalimentaire.
Un nouveau test pour l’accord nord-américain
L’escalade fragilise davantage la relation commerciale entre deux économies très intégrées. Elle intervient alors que les États-Unis, le Canada et le Mexique sont déjà engagés dans la révision de l’accord commercial nord-américain. L’enjeu dépasse donc les seuls produits frappés par les nouvelles taxes : il touche à la manière dont les trois pays organiseront leurs échanges et leurs chaînes industrielles dans les prochaines années.




