Des milliers de personnes ont manifesté mercredi 2 septembre à Ceuta, enclave espagnole d’Afrique du Nord, pour dénoncer la gestion par Madrid d’une crise migratoire déclenchée par les arrivées massives de la fin juillet. Des rassemblements ont également eu lieu dans plusieurs grandes villes espagnoles, dont Madrid, Barcelone et Bilbao.
Plus de 10 000 personnes encore bloquées dans l’enclave
Selon les autorités de Ceuta citées par Reuters, plus de 10 000 migrants, dont des mineurs non accompagnés, restent présents dans l’enclave près de cinq semaines après le passage d’au moins 72 000 personnes depuis le Maroc à la fin juillet. Une partie d’entre eux vit encore dans des installations temporaires ou sur les plages et dans les rues.

La mobilisation du 2 septembre a coïncidé avec la fête officielle de Ceuta. Les manifestants réclamaient notamment davantage de moyens, de sécurité et une réponse plus rapide de l’État espagnol.
Madrid augmente les capacités d’accueil et déploie des policiers
Le gouvernement espagnol a porté la capacité des centres d’hébergement temporaire à plus de 3 400 places, contre environ 500 auparavant, et déployé plus de 1 600 policiers dans l’enclave. Les autorités locales et plusieurs associations estiment toutefois que les moyens restent insuffisants au regard du nombre de personnes encore présentes.
Une crise devenue hautement politique
La situation alimente une confrontation entre le gouvernement central et l’opposition conservatrice. Des contre-rassemblements ont aussi été organisés pour dénoncer les violences et les discours visant les migrants. Les tensions restent donc à la fois humanitaires, sécuritaires et politiques.




